"La littérature avait partie liée avec certaine longueur de temps ; avec la distance aussi qui existait entre les êtres, entre les lieux. On écrivait et on lisait dans cet ennui, dans ce désert, alors féconds. Nos vies sont tout autres aujourd’hui. Séquences brèves. Segments courts. Flux rapides. Échanges permanents. Nos désirs sont exaucés dans l’instant. L’impatience nous lancine ; nous ne cessons de réduire les délais d’exécution. Même les portes s’ouvrent automatiquement. Or le livre est incompressible, inassimilable par capture ou captation. Impossible de l’accélérer. C’est encore tout un champ à labourer avec un bœuf. Vraiment, oui, quel objet assommant !"
Eric Chevillard, l-autofictif.over-blog.com, N°569