01 décembre 2009
LECTURE J'ARRÊTE QUAND JE VEUX
CAROLINE : "On n’a pas envie de faire preuve de mauvais goût en matière de littérature amoureuse, on n’a pas envie de s’être trompé d’histoire d’amour, surtout quand on a raté toutes les autres, un homme, on est censé le choisir avec son cœur et, passé la trentaine, avec son intelligence, on n’a pas envie de se dire, j’ai épousé un alcoolique, on n’a pas envie de se le dire, alors imaginez, le reconnaître devant les autres, on ne veut pas voir, quand on retrouve son mari trois matins de suite endormi sur le paillasson avec le bottin des pages jaunes dans les bras comme s’il tenait un enfant, on finit bien par admettre qu’il a un tout petit problème avec l’alcool, mais un problème circonstanciel, il cherchait une adresse, il est fatigué… il a trop de boulot, il vieillit … il n’est peut-être pas heureux ?"
Extrait de J'arrête quand je veux, dont le texte sera lu dans un théâtre parisien le mercredi 16 décembre à 15 heures par Anne Loiret, Jean-Pierre Malignon, Tony Mpoudja et Caroline Maillard.
Si vous souhaitez y assister, contactez-moi.
04 novembre 2009
Mes mots pour Carine
Elle m'a proposé de mettre ma patte helvétique dans ses sketches belges… j'ai dit oui comme ça spontanément parce que je suis brave, toujours prête à rendre service, mais je ne sais pas si j'ai bien fait : cette fille est complètement barrée. A l'entendre raconter comment son mari est mort à nonante-neuf pour cent la tête broyée dans le tambour du lave-linge, je me suis demandée si j'étais dans mon état normal quand j'ai écrit ça. Le regretter ? Non, il n'y a qu'elle pour oser balancer des atrocités avec une telle candeur. En plus, elle chasse les mouches durant le spectacle et elle danse voilée (ou presque), mais là vraiment, non, je n'y suis pour rien, c'est Isabelle qui a mis son grain de sel de metteuse en scène.
Carine Frisque sévit depuis quelques semaines au Théâtre Aktéon (11, rue du Général Blaise, Paris 11ème) dans Sang pour Sang Valentine, les lundis et mardis à 20 heures tapantes, et j'ai bien peur qu'ils ne la lâchent pas de sitôt. Alors allez-y lentement, y a pas le feu au lac, mais allez-y en masse. Elle vaut le détour, la grande bringue !
28 août 2009
On me demande si je suis là. Sortie de mon heureuse parenthèse. Oui, je suis rentrée. Oui, j'ai ouvert mon courrier. Oui, j'ai lu mes mails. Oui, ça recommence. Attendez-moi.
16 juillet 2009
Cotentin
C'est un pays où les pigeons font un bon kilo, ont les pattes palmées et mangent du poisson. Un pays où il fait beau toutes les deux heures, où l'on aime le touriste en pull et plutôt clairsemé dans le paysage. Un pays où l'écrivain sédentaire vient à regretter d'avoir le mal de mer, où les nuits de sommeil comptent double, où les rides sur les visages sont des sourires. Un pays qui aime ses vieilles pierres, fier de ses vaches, dont les marées offrent les meilleures huîtres du monde. Et dire qu'il va falloir que j'écrive un autre roman pour retourner au Festival du livre de Saint Vaast La Hougue !
09 juillet 2009
Mauvais livre
Un auteur ne devrait jamais se plaindre de ses lectures. Dix mauvais livres lus, c'est dix occasions d'en écrire un bon.
06 juillet 2009
La femme placard à La Tache d'Encre
C'est pendant le Festival d'Avignon, du 8 au 31 juillet 2009, au Théâtre de la Tache d'Encre, à midi tapantes, juste après la grasse mat', juste avant l'apéro. Sylvie Flepp joue “la Femme Placard” mise en scène par Isabelle Rattier. Si l'amour ne l'est peut-être pas, l'amitié est sûre. Merci et bravo les filles !
01 juillet 2009
Festival du Livre de Mer et d'aventure
Les 12 et 13 juillet 2009, je dédicacerai à ceux qui voudront bien l'acheter “Mémoires d'un lit” (aucun rapport avec la mer mais beaucoup d'aventures ;-)
Ce sera à Saint Vaast La Hougue, en Normandie, un coin sublime paraît-il.
17 juin 2009
Lecture Le crapaud
Une lecture de la pièce “Le crapaud” (éditions de l'Amandier) aura lieu au Théâtre du Petit Gymnase, à Paris, le lundi 22 juin 2009 à 20 Heures.
Jean-Louis Tribes lira le rôle de Pierre.
Carole Bianic lira le rôle de Béatrice.
Si vous souhaitez assister à cette lecture, contactez-moi.
02 juin 2009
L'appât
Pour un écrivain qui sort peu, l'appât est une personne qui sort beaucoup.
Une personne plutôt de sexe féminin, vive, intelligente et gracieuse.
Une personne qui adore votre livre, bien sûr.
Voici donc l'appât lâché dans une soirée très privée, emplie de journalistes inaccessibles pour le commun des écrivains sédentaires.
L'appât vif, intelligent et gracieux attire le journaliste très en vogue, très puissant et légèrement mafieux.
L'appât fait son travail, frétille d'intelligence et d'humour, bat des cils parfois, sait se taire souvent et rit à chaque bon mot.
Puis, alors que la vanité du journaliste semble mollir, se lance enfin :
"Je voudrais vous faire découvrir le premier roman d'un écrivain très prometteur (c'est moi), “Mémoires d'un lit” (c'est le titre), un roman très poétique, très original, très sensible, très (succession d'adjectifs dithyrambiques), où le narrateur, un lit, raconte les…
Ce n'est pas une parole qui l'a coupée dans son élan, non, c'est l'œil voilé d'ennui du prédateur, un œil qui bâillerait si c'était une bouche.
"Vous avez certainement lu les mémoires d'un sopha de Crébillon fils, lâche le journaliste content de s'en souvenir, non ? vraiment ? c'est pourtant un pur bijou du XVIIIème, aucun auteur ne peut lutter.”
Et le journaliste se tourne vers sa voisine de table, qui ne lit pas et qui n'a donc aucun livre à lui vendre.
28 mai 2009
Hier dans le taxi
- Vous allez où ?
Il dévisage sa cliente dans le rétroviseur. Peut-être qu’elle pleure finalement. Ça ne peut pas être la pluie qui continue de ruisseler comme ça sur son visage alors que ça fait cinq bonnes minutes qu’elle est entrée dans son taxi. Cela dit, avec la masse de cheveux qu’elle a, ça peut faire éponge. Il fait légèrement pivoter le rétroviseur, de façon à mieux voir le front de la fille. Dix balles que le front est mouillé et qu’elle ne pleure pas. Dix balles que toute cette flotte provient de ses cheveux qui dégoulinent. On toque à la vitre. Il fait signe au flic, oui il sait pour le feu rouge qui est passé au vert, oui, il part tout de suite. Il donne un coup d’accélérateur à l’essuie-glace pour prouver sa bonne volonté. Baisser la vitre pour expliquer, tergiverser, s’excuser ne servirait à rien parce que le flic déjà se redresse, déjà s’écarte du véhicule.
- On va où ? demande-t-il à la fille.
- Je ne sais pas.
Il démarre. Direction le périphérique. C’est là où l'on va quand on ne sait pas où on va.
